La proposition française ouvrirait le marché du CBD de 700 millions d’euros, mais interdirait la vente de fleurs en vrac

La proposition française ouvrirait le marché du CBD de 700 millions d’euros, mais interdirait la vente de fleurs en vrac

Les parties prenantes françaises du chanvre disent qu’elles feront appel d’une proposition qui interdirait la vente de fleurs de chanvre brutes après que le gouvernement a envoyé cette semaine un projet de décret sur le chanvre à la Commission européenne.

En vertu des dispositions du décret, le gouvernement français ouvrirait le marché potentiel du CBD de 700 millions d’euros, car il légaliserait toutes les parties de la plante de chanvre et des produits dérivés du chanvre. Les producteurs pourraient récolter des fleurs à transformer en CBD et autres extraits. Mais la vente de produits à base de chanvre à fumer et de feuilles et de fleurs de chanvre en vrac aux consommateurs serait illégale, sur la base de considérations d’« ordre public » et de « santé publique ».

Les dispositions réviseraient un décret de 1990 qui traite du cannabis dans le code de la santé publique français.

‘Suffocant’

« En excluant la fleur de chanvre brute des produits commercialisables en France, le gouvernement prive les opérateurs de la part la plus importante des revenus générés par la filière CBD et abandonne les recettes fiscales dont la France pourrait bénéficier dans le contexte actuel de crise », Aurélien Delecroix, président de l’association professionnelle Syndicat du Chanvre a déclaré au journal Libération. « De nombreux recours contre ce nouveau décret sont déjà en préparation », a déclaré Delecroix.

L’Union des Professionnels du CBD, un autre groupe professionnel, a déclaré que l’interdiction des fleurs de chanvre brut reflète « la volonté d’étouffer le secteur par les autorités françaises »

Aux termes du projet de décret, « la vente aux consommateurs de fleurs ou de feuilles crues sous toutes leurs formes, seules ou mélangées à d’autres ingrédients, notamment en tant que produits à fumer, tisanes ou pot-pourris, leur possession par les consommateurs et leur consommation sont interdites », le dit projet de décret. « Les fleurs et les feuilles ne peuvent être récoltées, importées ou utilisées que pour la production industrielle d’extraits de chanvre. »

Se mettre en conformité avec l’UE

Le décret est essentiellement un aperçu indiquant comment la France entend se conformer à un arrêt historique de la Cour de justice européenne à la fin de l’année dernière. Le tribunal de l’UE a statué que les extraits de feuilles et de fleurs de chanvre et le CBD qu’ils contiennent ne sont pas des stupéfiants et peuvent être librement échangés entre les États membres de l’UE. La décision de la Haute Cour de l’UE a finalement conduit la Commission européenne à revenir sur sa position antérieure selon laquelle le chanvre devrait être considéré comme un stupéfiant dans les États de l’UE. Ces développements ont incité les États membres à revoir et à ajuster les lois et réglementations nationales.

Pour justifier l’interdiction des fleurs de chanvre brutes, le gouvernement français a cité une note de bas de page de la décision de la CJCE dans laquelle le tribunal a déclaré qu’une telle politique pourrait être justifiée pour protéger la santé des consommateurs.

Ouverture du marché

Sinon, le projet de règles autorise la culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation industrielle et commerciale de toutes les parties de la plante de chanvre contenant moins de 0,2% de THC, la limite actuelle de l’UE. La France, premier producteur européen de chanvre, n’autorisait auparavant que la culture et la transformation des graines et des tiges de chanvre. L’industrie du chanvre du pays est principalement basée sur les produits de la tige de chanvre et sur les graines de culture. Les semences de plantation françaises dominent le catalogue des variétés de graines de chanvre certifiées de l’Union européenne.

« L’objectif de ce décret est à la fois de permettre le développement de nouvelles filières en France, de protéger les consommateurs et de maintenir la capacité des forces de sécurité intérieure à lutter contre le trafic de stupéfiants », précise le décret.

L’Union des Industriels pour la Valorisation des Extraits de Chanvre (UIVEC), un autre groupe commercial du CBD, a déclaré que le décret « n’est qu’une première étape dans la réglementation française sur le CBD, mais il va dans la bonne direction et devrait calmer le débat ». L’UIVEC a estimé que le marché français du CBD pourrait atteindre 700 millions d’euros en 2022.

Le décret final devrait être publié dans le courant de l’année.